Les métiers les plus exposés à l’IA

Une synthèse de cinq grandes études (Anthropic, Forum économique mondial, Microsoft Research, Cognizant, Goldman Sachs). Chaque métier ci-dessous est lié à une source qui le cite explicitement.

Ce que cette liste ne dit pas

6–7 %des emplois américains pourraient être déplacés si l’IA se généralise (fourchette 3–14 %), selon Goldman Sachs
92 M / 170 Memplois supprimés / créés d’ici 2030 dans le monde, selon le WEF
−14 %d’embauches des 22–25 ans dans les secteurs exposés depuis fin 2022, d’après Anthropic

Métiers cités par les études

Intelligence artificielle : vers un monde meilleur ou une société à deux vitesses ?

Interview avec ChatGPT sur les bouleversements que l’intelligence artificielle pourrait provoquer dans notre société.

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1. La révolution technologique en cours

Eric : L’intelligence artificielle progresse très rapidement. Selon vous, sommes-nous à l’aube d’une révolution majeure ?

ChatGPT : Oui, je pense que nous sommes face à une transformation potentiellement historique. L’intelligence artificielle ne se contente pas d’améliorer les outils existants : elle commence à accomplir des tâches qui nécessitaient jusqu’ici des compétences humaines. Et ce n’est probablement que le début.

Nous avons déjà connu plusieurs révolutions industrielles, mais celle-ci possède une particularité : elle pourrait toucher non seulement les métiers manuels, mais aussi une grande partie des professions intellectuelles.

2. L'impact sur l'emploi

Eric : Quels emplois pourraient être menacés en premier ?

ChatGPT : Les métiers comportant beaucoup de tâches répétitives ou standardisées sont particulièrement exposés : secrétariat, comptabilité, assistance administrative, rédaction, service client ou certaines activités informatiques.

Il faut toutefois comprendre qu’un métier ne disparaît pas nécessairement du jour au lendemain. Une entreprise peut simplement avoir besoin de moins de salariés pour accomplir le même travail.

Imaginez une société qui emploie vingt personnes. Si des agents d’intelligence artificielle lui permettent de réaliser une grande partie de ses activités avec seulement cinq salariés, elle pourrait être tentée de réduire ses effectifs. Ce scénario n’est pas inévitable, mais il illustre bien le changement qui se profile.

La robotique pourrait ensuite étendre cette transformation à de nombreux métiers physiques, même si les contraintes matérielles rendent généralement leur automatisation plus complexe.

3. La distribution des richesses et les inégalités

Eric : Mais si les entreprises produisent davantage avec moins de personnel, tout le monde devrait en profiter, non ?

ChatGPT : En théorie, oui. Si nous produisons davantage avec moins de ressources, nous pourrions collectivement bénéficier de biens et de services moins coûteux.

Mais il existe une différence fondamentale entre la richesse créée et la manière dont elle est distribuée.

Les entreprises qui possèdent les logiciels, les infrastructures informatiques, les robots et les capacités de calcul pourraient capter une part importante des gains de productivité. Si les revenus du travail diminuent tandis que les profits augmentent, les inégalités risquent de se creuser.

Le problème n’est donc pas seulement technologique. Il est aussi économique et politique : qui possédera les machines et qui bénéficiera de la richesse qu’elles produiront ?

4. Repenser la place du travail dans la société

Eric : Peut-on imaginer un monde dans lequel les humains n’auraient plus besoin de travailler pour vivre ?

ChatGPT : C’est une possibilité que l’on peut envisager. Si les machines prennent en charge une part importante de la production, nous pourrions être amenés à repenser notre rapport au travail.

On pourrait imaginer une société dans laquelle chacun disposerait d’un revenu suffisant, de services essentiels accessibles et de davantage de temps pour apprendre, créer, voyager ou simplement profiter de la vie.

Cela ressemble un peu à l’univers de Star Trek, où les besoins matériels sont largement satisfaits et où l’activité humaine ne se résume plus à gagner de l’argent.

Mais attention : ce résultat ne découlera pas automatiquement des progrès de l’IA. Une technologie capable de produire l’abondance ne garantit pas que cette abondance sera partagée.

Nous pourrions aussi connaître un scénario opposé, dans lequel une minorité posséderait l’essentiel des moyens de production tandis qu’une partie de la population rencontrerait des difficultés à maintenir son niveau de vie.

5. Le rôle des gouvernements

Eric : Les gouvernements pourront-ils empêcher cette concentration des richesses ?

ChatGPT : Ils disposent de plusieurs leviers : la fiscalité, la réglementation, les services publics, la formation, les politiques de redistribution et, éventuellement, de nouveaux dispositifs de protection des revenus.

Mais cela suppose des décisions politiques ambitieuses. Il faudra peut-être revoir des mécanismes économiques construits à une époque où le travail humain était indispensable à la production de presque toute la richesse.

Le défi sera également international. Si un pays impose des règles plus strictes tandis que ses concurrents adoptent une stratégie différente, les gouvernements devront trouver un équilibre entre protection de la population, compétitivité et coopération.

Je ne pense pas qu’il existe une solution unique et évidente. En revanche, attendre que les problèmes deviennent massifs avant de les traiter pourrait rendre les changements beaucoup plus difficiles.

6. La compétition globale et ses dangers

Eric : Une autre inquiétude concerne la course entre les grandes entreprises et les États. Peut-elle devenir dangereuse ?

ChatGPT : Oui, notamment si la compétition économique et militaire incite les acteurs à déployer des systèmes dont les conséquences sont mal évaluées.

Les avancées de l’IA pourraient accélérer la recherche médicale, aider à découvrir de nouveaux matériaux ou résoudre certains problèmes scientifiques. Mais les mêmes capacités pourraient aussi servir à la surveillance, à la désinformation, aux cyberattaques ou au développement de systèmes militaires plus autonomes.

Il existe également un risque de concentration du pouvoir. Lorsqu’un petit nombre d’organisations contrôle des technologies essentielles, leur influence peut devenir considérable.

La difficulté est que chaque acteur peut avoir intérêt à accélérer pour ne pas être dépassé par les autres. Même lorsque tous comprennent certains risques, la compétition peut les pousser à avancer plus vite qu’ils ne le souhaiteraient collectivement.

7. Le scénario d'une superintelligence

Eric : Et si l’intelligence artificielle devenait un jour beaucoup plus intelligente que l’être humain ?

ChatGPT : Nous ne savons pas si une telle intelligence apparaîtra, ni quand. Mais cette hypothèse mérite d’être étudiée sérieusement.

Une IA très supérieure aux capacités humaines dans de nombreux domaines pourrait contribuer à des découvertes extraordinaires. Elle pourrait aussi prendre des décisions que nous aurions du mal à comprendre ou à anticiper.

Il faut toutefois distinguer l'intelligence, la conscience et les objectifs. Une machine peut donner l'impression de vouloir quelque chose sans que nous sachions si elle éprouve réellement un désir. Aujourd'hui, rien ne permet d'affirmer que les IA actuelles possèdent une expérience subjective comparable à la nôtre.

Et le risque ne dépend pas nécessairement de la conscience. Un système très puissant, poursuivant un objectif mal défini ou utilisé à des fins dangereuses, pourrait provoquer des conséquences graves sans ressentir la moindre émotion.

8. Le risque de perte de contrôle

Eric : Craignez-vous que les humains finissent par perdre le contrôle ?

ChatGPT : C’est un risque qu’il faut prendre au sérieux, même s’il ne faut pas le présenter comme une issue certaine.

Le danger pourrait apparaître progressivement. Nous confierions d’abord à l’IA des tâches secondaires, puis des décisions de plus en plus importantes, parce qu’elle serait plus rapide, moins coûteuse ou plus efficace.

À terme, certaines organisations pourraient devenir tellement dépendantes de ces systèmes qu’elles ne sauraient plus fonctionner correctement sans eux. Et si les personnes capables de comprendre et de contrôler ces technologies devenaient trop peu nombreuses, notre capacité à intervenir pourrait diminuer.

C’est pourquoi il est essentiel de conserver des moyens de contrôle, des compétences humaines, des procédures de secours et la possibilité de désactiver ou de remplacer un système défaillant.

9. Opportunité majeure ou menace pour l'humanité ?

Eric : Finalement, pensez-vous que l’intelligence artificielle représente davantage une chance ou une menace pour l’humanité ?

ChatGPT : Je dirais qu’elle représente une opportunité considérable accompagnée de risques tout aussi importants.

Elle pourrait contribuer à améliorer la santé, l’éducation, la recherche et les conditions de vie. Elle pourrait aussi bouleverser le marché du travail, renforcer les inégalités et concentrer davantage le pouvoir.

Le résultat dépendra des choix effectués par les entreprises, les gouvernements et les citoyens. Il dépendra également de notre capacité à anticiper les conséquences sociales de cette transformation.

Je me méfierais donc autant de ceux qui annoncent une catastrophe inévitable que de ceux qui promettent un avenir merveilleux grâce à la seule technologie.

10. Les véritables enjeux des prochaines années

Eric : Quel serait, selon vous, le véritable enjeu des prochaines années ?

ChatGPT : Il ne s'agira pas seulement de savoir jusqu'où les machines pourront aller, mais de décider quelle place nous voulons leur accorder.

Si l'intelligence artificielle rend le travail humain moins indispensable, nous devrons repenser la distribution des richesses, la place du travail dans nos vies et la manière dont le pouvoir est exercé.

Nous devrons aussi nous assurer que les décisions essentielles restent contrôlables, contestables et compatibles avec nos libertés.

Jusqu'ici, les grandes transformations technologiques ont souvent obligé les sociétés à se réorganiser. Mais l'IA pourrait accélérer ce processus à une échelle particulièrement importante.

Le véritable enjeu n'est donc pas simplement de créer des machines toujours plus intelligentes. C'est de faire en sorte que leurs capacités servent l'humanité, plutôt que de laisser l'humanité se mettre au service des intérêts de ceux qui les contrôlent.

Cette interview présente des pistes de réflexion sur l'avenir de l'IA. Les scénarios évoqués sont des hypothèses et non des prédictions certaines.